 |
la bibliotheque
d'alexandrie
|
Historique.
A la mort d'Alexandre le Grand (356-323
av. J.C), Ptolémée, l'un de ses principaux généraux,
reçoit l'Egypte en partage. Soucieux de donner à Alexandrie
un essort culturel et commercial considérable, il fait notamment
construire une université, une académie et une bibliothèque.
Ptolémée II, son successeur,
agrandit l'ensemble. A l'époque les monarchies hellénistiques
qui se partagent l'empire d'Alexandre rivalisent de prestige entre-elles.
Ptolémée et ses successeurs
font du livre un instrument de savoir et de pouvoir. Uniquement au service
du roi, la bibliothèque est interdite au public. Seuls, les savants
et les philologues pensionnés par le gouvernement peuvent la fréquenter.
L'idée fera fortune. Plus tard,
Rome et Bysance se doteront elles aussi d'institutions rassemblant des
livres, précédant ainsi les monarques européens et
nos actuelles bibliothèques nationales.
Pour remplir leurs rayonnages, les Ptolémée
ont eu recours à la ruse.
Le médecin Gallien qui est resté
cinq ans à Alexandrie rapporte que chaque navire à l'escale
était fouillé. Tout les livres à son bord étaient
confisqués afin d'être recopiés par des artisants spécialisés.
Une fois la copie réalisée, les Egyptiens la donnait au propriétaire
gardant l'original pour eux. Ce "fond des navires" a été
complété par les achats, parfois à prix d'or, réalisés
aux quatre coins de la Méditerranée. Le commerce était
tellement lucratif que certains ont eu l'idée de vendre des faux
d'auteurs célèbres dans l'Antiquité. Ces apocryphes
compliquent la tâche des historiens.
A plusieurs reprises, l'édifice
a été détruit. Il semble toutefois que l'incendie
fomenté tandis que Jules César était en Egypte soit
une légende.
Les plus grandes destructions remontent
au troisième siècle de notre ère. Les collections
avaient probablement totalement disparu lorsqu'un général
arabe a incendié le bâtiment en 642 et 645.
= = = = = = = =
Renaissance
Le 16 octobre 2002, pour saluer en grande
pompe ce "nouveau phare du dialogue et de la culture", le président
Egyptien Hosni Moubarak avait convié de nombreux hôtes de
marque, têtes couronnées, chefs d'Etats, ainsi que des prix
Nobel, des poètes, des écrivains et des intellectuels.
Gigantesque complexe culturel de sept
étages en forme de disque solaire, prévu pour accueillir
cinq millions de volumes, la Bibliotheca Alexandrina se veut l'héritier
proclamé du célèbre édifice qui rassembla,
sous l'Antiquité, la plus grande collection de livres du monde.
Sur sa façade de granit sont
gravées des lettres des alphabets du monde entier.
Le disque de verre et le béton
de sa toiture représente le soleil levant, symbole du carractère
universel de la civilisation antique du Nil.
Avec ses 30.000 mètres carrés,
la salle de lecture est considérée comme la plus étendue
au monde.
Le bâtiment comprend aussi un
planétarium, un centre de congrès et des musées. Quelques
240.000 livres sont actuellement proposés, mais la direction prévoit
de porter à terme la capacité à 500.000 ouvrages en
accès direct et quatre millions dans les magasins.
Leçon retenue.
Phénix renaissant de ses cendres,
le nouvel édifice veut être à l'épreuve du feu
qui l'a détruit par le passé. Ses architectes l'on doté
d'équipement dernier cri en matière de lutte contre les incendies.
La bibliothèque est ainsi strictement compartimentée, les
murs servant à bloquer la propagation des flammes. La vaste salle
de lecture est équipée de rideaux antifumée de 120
mètres sur 20.
Conclusions.
C'est la première fois que l'on
veut donner une impulsion à un pays par la culture. La démarche
est donc fort intéressante.
Politiquement, la "Bibliotheca Alexandrina",
vitrine du monde et lieu d'échange, est importante pour le dialogue
nord/sud.
(Extraits:journal "La Meuse" du 17.10.2002).
* * * * * * * *
|