René de Chateaubriand
1768 - 1848

Éléments biographiques d'un génie du... romantisme 

"C'était un épicurien qui avait l'imagination catholique."
Sainte-Beuve

"Grand artiste et non pas grand homme, immense talent mais plus immense orgueil, 
dévoré d'ambition, mais n'ayant trouvé à aimer et à admirer dans le monde que sa personne, infatigable au travail, capable de tout, sauf de dévouement réel, d'abnégation et de foi. 
Jaloux de tout succès, il a toujours été de l'opposition, 
pour renier tout service reçu ou toute gloire autre que la sienne." 
                      Henri-Fréderic Amiel, 
                 Fragments d'un journal intime
                            24 septembre 1857

François René, vicomte de Chateaubriand est né à Saint-Malo le 4 septembre 1768, en nourrice pendant trois ans, Chateaubriand est le fils d'Apolline de Bedée, dame de Chateaubriand (qui décédera en 1798) et de René-Auguste de Chateaubriand, comte de Combourg (qui décèdera en 1786). Il a un frère Jean-Baptiste de Chateaubriand (qui sera guillotiné en 1794) et quatre soeurs : Marie-Anne, Bénigne, Julie de Chateaubriand, comtesse de Farcy (qui décèdera en 1799) et Lucile de Chateaubriand, madame de Caud (qu'il aimera tant et qui décèdera en 1804). Il suit sa famille qui s'installe au château de Combourg en 1777 (tout près de cet océan qui l'a tant influencé.), après l'incendie de leur hôtel particulier de Saint-Malo. Il étudie au collège de Dol à partir de 1781, puis aux collèges de Rennes et de Dinan. 

Le Château de Combourg
"C'est dans les bois de Combourg que je suis devenu ce que je suis, que j'ai commencé à sentir la première atteinte de cet ennui que j'ai trainé toute ma vie, de cette tristesse qui a fait mon tourment et ma félicité."
«mes longs silences, mes tristesses sans cause et tous les caprices d’une nature malheureuse qui se déplaît et croit déplaire aux autres.» 
Mémoires d'Outre-Tombe
Délaissé par ses parents et abandonné aux domestiques, Chateaubriand regarde déjà, face à la mer, songeur et fiévreux, les ouragans, la colère du ciel et les horizons perdus. Destiné d'abord à la carrière de marin, conformément à la tradition familiale, il était par tempérament tenté bien davantage par la prêtrise et par la poésie. 
A 16 ans, il traverse, auprès de sa soeur préférée Lucile, une période fiévreuse et exaltée et prend un brevet de sous-lieutenant (1786), est présenté au roi Louis XVI à Versailles et fréquente les salons parisiens. À Paris, il assiste aux premiers bouleversements de la Révolution ; est d'abord séduit par les débats d'idées mais prend en horreur les violences qu'elle engendre. 
La révolution de 1789 l'incite à voyager en Amérique. 
En avril 1791, par goût de l'aventure, il s'embarque pour l'Amérique d'où il reviendra les yeux émerveillés d'une nature encore vierge (Les chutes du Niagara, le Mississippi ...) et les carnets noircis de notes qui allaient nourrir ses œuvres littéraires notamment dans Atala, Les Natchez, Voyage en Amérique.. (1826).
De retour en France, il souhaite se mettre au service de la monarchie menacée. Blessé au siège de Thionville, il se réfugie à Jersey, puis en Angleterre. Bouleversé par la mort de sa mère et de sa sœur, Chateaubriand est touché par la grâce. Il écrit le Génie du Christianisme. Sa vie sera alors consacré à la littérature et à la politique. 
En 1800, il revient en France, prêt à conquérir Paris : "j'abordais la France avec le siècle". Chateaubriand parvient à s'immiscer dans l'entourage de Bonaparte qui a de l'estime pour lui. Il est nommé secrétaire d'ambassade à Rome. Mais suite à l'assassinat du duc d'Enghien, Chateaubriand prend ses distances avec celui qui est devenu Napoléon 1er. Il reprend une "vie privée" et se remet à l'écriture. Il entreprend alors son second grand voyage, le voyage d'Orient. De toutes les lumières et de tous les souvenirs qu'il ramène de Grèce, de Turquie, d'Egypte, d'Afrique du Nord et d'Espagne, il fera plus tard l'Itinéraire de Paris à Jérusalem, les Martyrs, et Le Dernier Abencérage. 
De retour à Paris, Il achète une maison, la Vallée aux loups, aux environs de Paris; résidence qui lui permet d'échapper au courroux de l'empereur. Il décide de commencer, ce qui sera la grande œuvre de sa vie, Les mémoires d'Outre Tombe. Il se consacrera pendant plus de trente ans à la rédaction de ce chef d'œuvre qui ne sera publié qu'après sa mort.

Lucile, sa sœur tant aimée, Charlotte Ives, Céleste Buisson de la Vigne, son épouse, Pauline de Beaumont, Delphine de Custine, Natalie de Noailles, Cordélia de Castellane, Juliette Récamier : les femmes qui ont compté dans la vie de Chateaubriand ne tiendraient pas toutes sur le carnet de Don Giovanni, tant elles sont nombreuses. 
Et c'est une des grandes femmes du dix-neuvième siècle, Juliette Récamier qui recueillera son dernier souffle, à Paris, le 4 juillet 1848. " Elle coupera une mèche sur son front et déposera sur son cœur qui aura cessé de battre, un bouquet de verveine".

Comme il l'avait souhaité, Chateaubriand sera inhumé sur le rocher du Grand Bé à Saint-Malo, face à l'océan qui l'a vu naître. Son épitaphe est le suivant : 

Un grand écrivain français
a voulu reposer ici
pour n'entendre que la mer et le vent. 
Passant,
respecte sa dernière volonté."


Tombe de François-René de Chateaubriand 
sur l'île de Grand Bé près de Saint-Malo 

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