Victor Hugo 
1802 - 1885

Victor Hugo est né à Besançon le 26 février 1802. Fils d'un général de Napoléon, il suivit d'abord son père dans le hasard des expéditions et des campagnes, en Italie, en Espagne, où il fut page du roi Joseph et élève au séminaire des nobles de Madrid. 
Vers l'âge de onze ans, il vint s'établir avec sa mère, séparée à cette époque du général, à Paris, dans le quartier, presque désert alors, du Val-de-Grâce. C'est là qu'il grandit dans une liberté d'esprit et de lectures absolue, sous les yeux d'une mère extrêmement indulgente et assez insoucieuse à l'endroit de l'éducation. Il s'éleva tout seul, lut beaucoup, au hasard.   
Il fonde avec ses frères en 1819 une revue, le Conservateur littéraire, qui attire déjà l'attention sur son talent. La même année, il remporte le concours de l'Académie des Jeux Floraux.
 
Son premier recueil de poèmes, Odes, paraît en 1821 : il a alors vingt ans et ses études au lycée Louis-le-Grand lui permirent de le faire connaître rapidement. Il participe aux réunions du Cénacle de Charles Nodier à la Bibliothèque de l'Arsenal, berceau du Romantisme, qui auront une grande influence sur son développement. C'est avec Cromwell, publié en 1827, qu'il fera éclat. Dans la préface de ce drame, il s'oppose aux conventions classiques, en particulier à l' unité de temps et à l'unité de lieu, qu'il met véritablement en pratique dans la pièce Hernani. 
De 1826 à 1837, il séjourne fréquemment au Château des Roches à Bièvres, propriété de Bertin l'Aîné, directeur du Journal des débats. Au cours de ses séjours il y rencontre Berlioz, Chateaubriand, Liszt, Giacomo Meyerbeer et rédige des recueils de poésie dont le célèbres ouvrage des Feuilles d'automne.
Il a, jusqu'à un âge avancé, de nombreuses maîtresses. La plus célèbre est Juliette Drouet, actrice, qui lui consacre sa vie, le sauva de l'emprisonnement lors du coup d'état de Napoléon III. Il écrit pour elle de nombreux poèmes. Tous deux passaient ensemble l'anniversaire de leur rencontre, et remplissaient à cette occasion, année après année, un cahier commun qu'ils nommaient le Livre de l'anniversaire.
Élevé par sa mère vendéenne dans l'esprit du royalisme, il se laisse peu à peu convaincre de l'intérêt de la démocratie (« J'ai grandi », écrit-il dans un poème où il s'en justifie). 
Son idée est que « là où la connaissance n'est que chez un homme, la monarchie s'impose. Là où elle est dans un groupe d'hommes, elle doit faire place à l'aristocratie. Et quand tous ont accès aux lumières du savoir, alors le temps est venu de la démocratie ». 
Devenu partisan d'une démocratie libérale et humanitaire, il est élu député de la Deuxième République en 1848, et soutient la candidature du « prince Louis-Napoléon », mais s'exile après le coup d'Etat du 2 décembre 1851 qu'il condamne vigoureusement pour des raisons morales (Histoire d'un crime).
Sous le Second Empire, opposé à Napoléon III, il vit en exil à Bruxelles, puis à Jersey et enfin à Guernesey. Il est l'un des seuls proscrits à refuser l'amnistie décidée quelque temps après (« Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là »). 
Il mourut le 22 mai 1885, « dans la saison des roses », comme il l'avait prédit quinze années auparavant, à l'âge de 83 ans, comme Goethe. 
Conformément à ses dernières volontés, c'est dans le « corbillard des pauvres » qu'il est enterré au Panthéon après les funérailles les plus magnifiques que la France ait vues depuis Mirabeau.  Son cercueil étant au préalable resté plusieurs jours sous l'Arc de Triomphe, on considère que trois millions de personnes se sont déplacées alors pour lui rendre un dernier hommage.

Il a laissé une grande quantité d'œuvres inédites qui paraîtront successivement. En 1886 on en a donné deux, le Théâtre en Liberté, et la Fin de Satan, qui n'ont rien ôté à sa gloire.

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