Marcel Proust
1871 - 1922
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Marcel Proust naquit le 10 juillet 1871 à Paris (Auteuil) dans
une famille de bonne bourgeoisie. Son père était un médecin
réputé, sa mère était issue d'une famille juive,
riche et cultivée. Dès l'enfance, Proust souffrit de crises
d'asthme chronique.
Après des études au lycée Condorcet, il devance
l’appel sous les drapeaux. Rendu à la vie civile, il suit à
l’École libre des sciences politiques les cours d’Albert Sorel et
de Anatole Leroy-Beaulieu; à la Sorbonne ceux de Henri Bergson dont
l’influence sur son œuvre sera majeure.
Il commença tôt à fréquenter des salons comme
celui de Mme Arman, amie d'Anatole France. Sous le patronage de ce dernier,
Proust fit paraître en 1896 son premier livre Les Plaisirs et les
Jours , un recueil de nouvelles, d'essais et de poèmes. Il eut peu
de succès.
Parallèlement à des articles relatant la vie mondaine
publiés dans les grands journaux (dont Le Figaro), il écrit
Jean Santeuil, un grand roman laissé inachevé et qui restera
inédit (fut publié en 1952), et publie Les Plaisirs et les
Jours, un recueil d’esquisses.
Après la mort de ses parents, sa santé déjà
fragile se détériore davantage (asthme). Il vit reclus et
s’épuise au travail.
Après ce second échec, Proust consacra plusieurs années
à traduire et commenter l'historien d'art anglais, John Ruskin.
Il publia plusieurs articles sur celui-ci et deux traductions: La Bible
d'Amiens en 1904, Sésame et les Lys en 1906. Les deux préfaces
à ces ouvrages sont importantes pour la formation du style et de
l'esthétique de Proust. "Sur la lecture", préface de Sésame,
contient des thèmes que l'on retrouvera dans Du Côté
de chez Swann.
Au début de l'année 1908, Proust écrivit pour le
Figaro une série de pastiches imitant le style de Balzac, Michelet,
Flaubert, Sainte-Beuve et autres prosateurs du XIXe siècle.
En même temps il se mit à travailler à un roman,
tout en projetant d'écrire plusieurs essais de critique littéraire,
artistique et sociologique. L'un de ces essais devait être consacré
à Sainte-Beuve. Peu à peu tous ces projets se fondirent en
un seul. Durant l'été 1909, l'essai "Contre Sainte-Beuve"
est devenu un roman, que Proust ne cessa d'écrire qu'à sa
mort. En mai 1913, il adopta pour titre général: À
la recherche du temps perdu.
La première partie du roman, "Du côté de chez Swann",
fut publiée en novembre 1913.
Le premier volume ayant été édité à
compte d’auteur chez Grasset même si très rapidement les éditions
Gallimard reviennent sur leur refus et acceptent le deuxième volume
"À l’ombre des jeunes filles en fleurs" pour lequel il reçoit
en 1919 le prix Goncourt.
Durant les trois dernières années de sa vie, Proust ne
cessa pas de travailler à son roman. Il vit encore paraître
trois volumes: "Le côté de Guermantes I" (octobre 1920), "Le
côté de Guermantes II - Sodome et Gomorrhe I" (mai 1921),
"Sodome et Gomorrhe II" (avril 1922).
Son homosexualité inavouable dans la société de
l'époque est latente dans son œuvre. Il travaille sans relâche
à l’écriture des six livres suivants de À la recherche
du temps perdu jusqu'en 1922.
Le 18 novembre 1922, Proust meurt à Paris, épuisé,
emporté par une bronchite mal soignée.
Marcel Proust est enterré au cimetière du Père
Lachaise à Paris.
La suite de son oeuvre, que Proust avait achevée mais qu'il n'avait
pu complètement réviser, fut publiée par son frère,
Robert Proust, aidé par Jacques Rivière puis Jean Paulhan,
directeurs de la Nouvelle Revue Française. En 1923 parut La Prisonnière
; en 1925, Albertine disparue ; en 1927, Le Temps retrouvé.
L'oeuvre de Proust fut de son vivant l'objet de vives controverses
entre ceux qui la devinaient géniale et ceux qui la proclamaient
illisible. Aujourd'hui elle est reconnue comme une oeuvre majeure de la
littérature de langue française.
(--V. Greene)
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