Poète français au génie précoce, qui abandonna brusquement la poésie à l'aube de ses vingt ans, après avoir profondément rénové le genre. Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville-Mézières,
une petite ville des Ardennes, de l'Est de la France, tout près
de la Belgique, dans un milieu modeste. Son père, le capitaine Frédéric
Rimbaud, quitte définitivement le domicile familial en 1860, abandonnant
ses quatre enfants aux soins de sa femme, Vitalie, née Cuif. Despotique,
avare, bigote, cette dernière élève sa progéniture
à la baguette.
De caractère impulsif, épris d'aventures, Rimbaud fugue
à plusieurs reprises, exalté par les événements
politiques qui secouent la France des années 1870-1871 (la guerre
qui ravage les Ardennes et bouleverse la vie quotidienne, la défaite
contre l'Allemagne, la Commune de Paris). Au lieu de se présenter
au baccalauréat, il tente de gagner Paris, pour être arrêté
aussitôt et transféré à la prison de Mazas comme
passager clandestin. Libéré grâce à l'intervention
d'Izambard, il est renvoyé dans la triste province ardennaise, chez
celle qu'il surnomme la « mère Rimbe ».
Il refuse de retourner à l'école et repart à Paris,
attendu à bras ouverts par Paul Verlaine, déjà convaincu
par les quelques poèmes envoyés : « Venez, chère
grande âme, on vous appelle, on vous attend », lui écrit-il
dans une lettre de septembre 1871. Muni entre autres du célèbre
Lassés du mépris affiché par Rimbaud à leur
égard et de son manque d'éducation, les gens de lettres lui
refusent désormais le gîte et le couvert qu'ils lui avaient
d'abord généreusement accordés. Verlaine seul reste
fidèle à Rimbaud et le recueille. La liaison de Rimbaud avec
l'auteur des Fêtes galantes, homme marié et père de
famille, devient dès lors de notoriété publique.
Celui qui fût, selon les mots de Mallarmé, « le passant
considérable » de la poésie, constatant la vanité
de ses illusions enthousiastes de surdoué, renonce définitivement
à l'écriture en atteignant l'âge adulte, d'une façon
si soudaine et si incompréhensible qu'il semble s'être
DES GUIRLANDES DE FENETRE A FENETRE, DES CHAINES D'OR D'ETOILE A ETOILE ET JE DANSE" (illuminations) ICI
Toute l'œuvre poétique de Rimbaud a été écrite avant sa majorité. Condamnant tous les poètes antérieurs, à l'exception des Grecs, de Gautier, de Leconte de Lisle, de Banville et surtout de Baudelaire, qu'il érige comme le « premier voyant » mais auquel il reproche néanmoins son manque d'audace formelle, Rimbaud, dès 1871, théorise la formule alchimique qui fera de lui un poète résolument moderne. Selon les célèbres lettres du « Voyant », adressées à Demeny et à Izambard, c'est par le biais d'un « encrapulement systématique », par « un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens », soit l'expérimentation contrôlée de toutes les techniques hallucinatoires (alcool, drogue...), que le poète peut dissoudre les limites trop étroites de sa personnalité et atteindre la vraie lucidité. Cette méthode, qui condamne le poète à la marginalité sociale et à l'inconfort intellectuel, est le prix à payer pour trouver la clé du mystère. Pourtant, Une saison en enfer impose le constat d'échec de cette entreprise du Voyant : avec une tonalité furieuse et amère, l'ouvrage dit la nécessité de revenir au monde réel et d'accepter la matérialité de la condition humaine, clamant ainsi la défaite du langage poétique. Rimbaud a marqué la littérature autant par sa vie, dont s'est emparé le mythe, que par son œuvre sans précédent, au fondement de la révolution poétique moderne. Source:
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