Emile Zola 
1840 - 1902

Emile ZOLA
ècrivain incontournable du XIXème siècle

«Je n'ai qu'une passion, celle de la lumière, au nom de l'humanité
qui a tant souffert et qui a droit au bonheur.»
J'accuse!

Amitiés : le peintre Paul Cézanne, Alphonse Daudet, Edmond de Goncourt, Guy de Maupassant 

LES PREMIERES ANNEES (1840-1870)

Zola, Émile, écrivain français, fondateur du naturalisme en littérature, dont l’œuvre principale, vaste fresque en vingt volumes, raconte l’« histoire naturelle et sociale d’une famille sous le second Empire ».

Né à Paris, d’une mère bourguignonne et d’un père italien, Émile Zola passe toute sa jeunesse à Aix-en-Provence, ville qu’il évoque dans son œuvre sous le nom de Plassans. Au collège de la ville, il fait la connaissance de Paul Cézanne, qui restera son ami durant de longues années, et de Baille, futur polytechnicien et astronome.
Le père, François Zola, qui travaille à Aix y fait construire un barrage pour alimenter la ville en eau et aussi travaille à la construction du canal qui portera plus tard son nom, meurt prématurément le 22 mars 1847. Ce décès met la famille dans une situation financière précaire et bouleverse le jeune Émile au point que son œuvre romanesque restituera plus tard la figure grandie de ce père tôt disparu, homme libéral, novateur, audacieux, bâtisseur (incarné par Octave Mouret dans Au Bonheur des Dames, ou encore par Saccard, le banquier de la Curée et de l’Argent).
En 1858, sa mère; l'appelle à Paris où il étudie au Lycée Saint-Louis. Mais il échoue deux fois au baccalauréat, à cause du français...

Placé devant la nécessité de gagner sa vie, Zola commence par être commis des douanes en 1860. Mais il croit en lui et il commence à écrire. Il veut innover et il cherche déjà à ouvrir de nouvelles voies de recherches romanesques. 
En 1862, il se rapproche du monde littéraire en entrant chez Hachette comme commis : il commence par faire les paquets, puis devient chef de publicité. Il entre en relation avec les écrivains de son temps et découvre que la littérature entre dans le cadre de la production économique. 
Naturalisé en 1862, il échappe au service militaire et écrit ses Contes à Ninon (1864). 
Marié en 1863, Zola se consacre à la littérature et s'interroge sur la déformation que fait subir à la réalité la vision d'un écrivain. Après La Confession de Claude (1865), il suit la mode de la littérature judiciaire, écrit un roman-feuilleton sur Les Mystères de Marseille et commence à forger sa méthode documentaire. Avec Thérèse Raquin, il veut donner une "grande étude psychologique et physiologique". La critique commence à le remarquer.

LES ANNEES DES ROUGON-MACQUART (1871-1893)

L'Introduction à la Médecine expérimentale (1865), de Claude Bernard, apporte à Zola l'assise scientifique qu'il recherche. Sur le modèle du médecin, le romancier doit, selon lui, fonder sa vision réaliste sur l'expérimentation objective. Il faut expliquer les passions par les tempéraments et les influences subies par les individus. L'heure est au scientisme et Zola participe de cet enthousiasme nouveau. 
Dans la continuité de Balzac, il imagine (1870) le plan d'une vaste fresque : Les Rougon-Macquart. 
Il le soumet à l'éditeur Charpentier dont il sera le romancier salarié. 
Les deux premiers romans sortent en 1871 : La Fortune des Rougon et La Curée. Le second entame la longue polémique qui fait de Zola une manière de pornographe, selon les dires des bien-pensants de l'époque. Cette accusation indigne l'auteur, pour qui la question de la moralité ne se pose pas dans une oeuvre qui se veut authentique. Avec méthode et une puissance de travail immense, il produit roman sur roman. De 1873 à 1876, paraissent encore Le Ventre de Paris, La Conquête de Plassans, La Faute de l'Abbé Mouret, Son Excellence Eugène Rougon
Il n'est cependant pas encore reconnu à l'égal d'un Hugo, qui domine l'horizon de la littérature. Ses amis ne le prennent guère au sérieux. A une époque où le réalisme balzacien tend à se dégrader en banalité, on regroupe sous le terme de "naturalisme", lancé par le peintre Courbet, les romans de Flaubert, Zola ou Daudet. Ces écrivains vont former un groupe et le charisme de Zola va peu à peu l'imposer comme un chef d'école.
1877 décide du succès définitif de Zola : L'Assomoir prend, pour la première fois, le monde ouvrier pour sujet. C'est la gloire! Et l'auteur achète sa maison à Médan. 
L'oeuvre se poursuit et confirme sa vocation à la fois psychologique (Une Page d'amour, 1877 ; La Joie de vivre, 1884 ; Le Rêve, 1888) et sociologique : Nana, sur une courtisane (1880) ; Pot-Bouille, sur la bourgeoisie (1882) ; Au Bonheur des dames, sur les grands magasins (1883) ; Germinal, sur les mineurs (1885) ; L'Oeuvre, sur la création (1886) ; La Terre, sur les paysans (1887) ; La Bête Humaine, sur le crime, dans un chemin de fer (1890) ; L'Argent, sur la bourse (1891) ; La Débâcle, sur la défaite de 1870 (1892) ; Le Docteur Pascal, sur la science (1893).

L'AFFAIRE DREYFUS (1894-1902)

En 1894, le capitaine Dreyfus, d'origine juive, est condamné pour trahison. 
Cependant, Zola évoque le sentiment religieux, au travers de trois villes, Lourdes (1894), Rome (1896), Paris (1897). 
A son retour dans la capitale (1897), il prend conscience de la nécessité de s'engager dans la lutte contre l'antisémitisme : à ses yeux, l'affaire Dreyfus résulte d'une pure et simple machination. A cette époque, l'affaire divise la France. En dépit des attaques, Zola rédige plusieurs articles : "J'accuse", paru dans L'Aurore, journal de Clemenceau, lui vaut une condamnation. 
Zola passe alors onze mois en Angleterre où il commence son message d'espoir, Les Quatre Evangiles
Après le suicide du commandant Henry reconnu coupable de faux, Dreyfus est libéré. Zola remporte un triomphe moral. 
Mais il n'aura pas le temps de terminer sa dernière oeuvre : il meurt à Paris, asphyxie due à un système de chauffage, le 29 septembre 1902. 

Le 6 juin 1908, ses cendres sont transférées au Panthéon. 

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