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Emile ZOLA
ècrivain incontournable du XIXème siècle
«Je n'ai qu'une passion, celle de la lumière, au nom
de l'humanité
qui a tant souffert et qui a droit au bonheur.»
J'accuse!
Amitiés : le peintre Paul Cézanne, Alphonse Daudet,
Edmond de Goncourt, Guy de Maupassant
LES PREMIERES ANNEES (1840-1870)
Zola, Émile, écrivain
français, fondateur du naturalisme en littérature,
dont l’œuvre principale, vaste fresque en vingt volumes, raconte l’«
histoire naturelle et sociale d’une famille sous le second Empire ».
Né à Paris, d’une mère
bourguignonne et d’un père italien, Émile Zola passe toute
sa jeunesse à Aix-en-Provence, ville qu’il évoque dans son
œuvre sous le nom de Plassans. Au collège de la ville, il fait la
connaissance de Paul Cézanne, qui restera son ami durant de longues
années, et de Baille, futur polytechnicien et astronome.
Le père, François
Zola, qui travaille à Aix y fait construire un barrage pour alimenter
la ville en eau et aussi travaille à la construction du canal qui
portera plus tard son nom, meurt prématurément le 22 mars
1847. Ce décès met la famille dans une situation financière
précaire et bouleverse le jeune Émile au point que son œuvre
romanesque restituera plus tard la figure grandie de ce père tôt
disparu, homme libéral, novateur, audacieux, bâtisseur (incarné
par Octave Mouret dans Au Bonheur des Dames, ou encore par Saccard,
le banquier de la Curée et de l’Argent).
En 1858, sa mère; l'appelle
à Paris où il étudie au Lycée Saint-Louis.
Mais il échoue deux fois au baccalauréat, à cause
du français...
Placé devant la nécessité
de gagner sa vie, Zola commence par être commis des douanes en 1860.
Mais il croit en lui et il commence à écrire. Il veut innover
et il cherche déjà à ouvrir de nouvelles voies de
recherches romanesques.
En 1862, il se rapproche du monde
littéraire en entrant chez Hachette comme commis : il commence par
faire les paquets, puis devient chef de publicité. Il entre en relation
avec les écrivains de son temps et découvre que la littérature
entre dans le cadre de la production économique.
Naturalisé en 1862, il échappe
au service militaire et écrit ses Contes à Ninon (1864).
Marié en 1863, Zola se consacre
à la littérature et s'interroge sur la déformation
que fait subir à la réalité la vision d'un écrivain.
Après La Confession de Claude (1865), il suit la mode de
la littérature judiciaire, écrit un roman-feuilleton sur
Les Mystères de Marseille et commence à forger sa
méthode documentaire. Avec Thérèse Raquin,
il veut donner une "grande étude psychologique et physiologique".
La critique commence à le remarquer.
LES ANNEES DES ROUGON-MACQUART
(1871-1893)
L'Introduction à la Médecine
expérimentale (1865), de Claude Bernard, apporte à Zola
l'assise scientifique qu'il recherche. Sur le modèle du médecin,
le romancier doit, selon lui, fonder sa vision réaliste sur l'expérimentation
objective. Il faut expliquer les passions par les tempéraments et
les influences subies par les individus. L'heure est au scientisme et Zola
participe de cet enthousiasme nouveau.
Dans la continuité de Balzac,
il imagine (1870) le plan d'une vaste fresque : Les Rougon-Macquart.
Il le soumet à l'éditeur
Charpentier dont il sera le romancier salarié.
Les deux premiers romans sortent
en 1871 : La Fortune des Rougon et La Curée. Le second
entame la longue polémique qui fait de Zola une manière de
pornographe, selon les dires des bien-pensants de l'époque. Cette
accusation indigne l'auteur, pour qui la question de la moralité
ne se pose pas dans une oeuvre qui se veut authentique. Avec méthode
et une puissance de travail immense, il produit roman sur roman. De 1873
à 1876, paraissent encore Le Ventre de Paris, La Conquête
de Plassans, La Faute de l'Abbé Mouret, Son Excellence
Eugène Rougon.
Il n'est cependant pas encore reconnu
à l'égal d'un Hugo, qui domine l'horizon de la littérature.
Ses amis ne le prennent guère au sérieux. A une époque
où le réalisme balzacien tend à se dégrader
en banalité, on regroupe sous le terme de "naturalisme", lancé
par le peintre Courbet, les romans de Flaubert, Zola ou Daudet. Ces écrivains
vont former un groupe et le charisme de Zola va peu à peu l'imposer
comme un chef d'école.
1877 décide du succès
définitif de Zola : L'Assomoir prend, pour la première
fois, le monde ouvrier pour sujet. C'est la gloire! Et l'auteur achète
sa maison à Médan.
L'oeuvre se poursuit et confirme
sa vocation à la fois psychologique (Une Page d'amour, 1877
; La Joie de vivre, 1884 ; Le Rêve, 1888) et sociologique
: Nana, sur une courtisane (1880) ; Pot-Bouille, sur la bourgeoisie
(1882) ; Au Bonheur des dames, sur les grands magasins (1883) ;
Germinal, sur les mineurs (1885) ; L'Oeuvre, sur la création
(1886) ; La Terre, sur les paysans (1887) ; La Bête Humaine,
sur le crime, dans un chemin de fer (1890) ; L'Argent, sur la bourse
(1891) ; La Débâcle, sur la défaite de 1870
(1892) ; Le Docteur Pascal, sur la science (1893).
L'AFFAIRE DREYFUS (1894-1902)
En 1894, le capitaine Dreyfus, d'origine
juive, est condamné pour trahison.
Cependant, Zola évoque le
sentiment religieux, au travers de trois villes, Lourdes (1894),
Rome (1896), Paris (1897).
A son retour dans la capitale (1897),
il prend conscience de la nécessité de s'engager dans la
lutte contre l'antisémitisme : à ses yeux, l'affaire Dreyfus
résulte d'une pure et simple machination. A cette époque,
l'affaire divise la France. En dépit des attaques, Zola rédige
plusieurs articles : "J'accuse", paru dans L'Aurore,
journal de Clemenceau, lui vaut une condamnation.
Zola passe alors onze mois en Angleterre
où il commence son message d'espoir, Les Quatre Evangiles.
Après le suicide du commandant
Henry reconnu coupable de faux, Dreyfus est libéré. Zola
remporte un triomphe moral.
Mais il n'aura pas le temps de terminer
sa dernière oeuvre : il meurt à Paris, asphyxie due à
un système de chauffage, le 29 septembre 1902.
Le 6 juin 1908, ses cendres sont
transférées au Panthéon.
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