Albert Camus
1913 - 1960

Né le 13 novembre 1913 à Mondovi, près de Bône ( Algérie ), Camus va exprimer, notamment dans ses premiers essais,  l’amour du sol et du ciel algérien.  Son œuvre, composée d’ essais, de pièces de théâtre et de romans,  s’ ordonne autour de deux pôles : l’ absurde et la révolte, correspondant aux deux étapes de son itinéraire philosophique.
L’ absurde, c’est la prise de conscience par l’ homme de la vacuité de son existence, de l’ inutilité de ses actes. C’ est ce non-sens de l’ action que Camus développe, en 1942, dans son essai le Mythe de Sisyphe  et son roman l’Étranger,  absurdité de l’existence qui rend difficile la conquête du bonheur (Caligula, 1938 ; Le Malentendu, 1942-43) .
Pour l'Etranger, Camus s'explique : "...J'ai résumé L'Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu'elle est très paradoxale : 'Dans notre sociéte tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort.' Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu'il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société ou il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c'est pourquoi des lecteurs ont été tenté de le considérer comme une épave. Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est  simple : il refuse de mentir...."
 Mais après avoir buté sur le mur de l’ absurde, Camus découvre une valeur enfin positive, la Révolte qui va nourrir ses œuvres de l’ après-guerre : la Peste (1947),  l' État de siège (1948); les Justes (1949) ; 
l' Homme révolté (1951). La révolte, c’est surtout une protestation, un cri de refus dû à la prise de conscience d’ un destin écrasant. Mais cette révolte de l’ homme, « condamné à mort », est sans espoir  même si elle constitue un défi qui confère à la vie son prix et sa grandeur car « Vivre, c’est faire vivre 
l’ Absurde. Le faire vivre, c’est avant tout le regarder ». 
Contrairement à Sartre qui croit dans la révolution comme nécessité historique, Camus propose la construction d’ un nouvel humanisme, d’ une société construite sur l’ égalité,  la liberté et la solidarité entre les êtres humains,  dans la recherche d’ un équilibre. Cette polémique, jointe au refus de la vision sartrienne de l’ existence exprimée dans la Chute (1956), provoquera la rupture finale entre les deux auteurs. 
En 1957, Camus obtient le Prix Nobel pour son oeuvre qui “met en lumière les problèmes se posant de nos jours à la conscience des hommes”. 
Mais, le 4 janvier 1960,  il trouve la mort dans un accident de voiture près de Sens, qui a également coûté la vie à son éditeur et ami, Michel Gallimard.

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L'Etranger : Un meurtre absurde

Meurseault, suite à une bagarre sur la plage où son ami a été blessé d’ un coup de couteau par un Arabe, rival en amour, a dissuadé Raymond de tuer son adversaire. Par précaution, il lui a retiré son revolver et l’ a  raccompagné chez lui. 
Mais peu après Meurseault retourne seul se promener au bord de la mer. Là, il aperçoit l’ homme avec qui  son ami Raymond  s’ est battu. Par un enchaînement de circonstances, de sensations subies et d’ impulsions instinctives, il devient, sans raison, le meurtrier d’ un homme qu’ il ne connaît même pas.

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vers littérature