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Le radar est un appareil émettant et recevant des ondes électromagnétiques,
utilisé pour localiser des objets dans l'espace et déterminer
leur distance. Le terme radar est un nom de code adopté au cours
de la Seconde Guerre mondiale par l'US Navy, signifiant «!radio detection
and ranging!» (système de détection et de télémétrie
par ondes radio). Les appareils de ce type n'indiquent pas seulement la
présence et la distance d'un objet éloigné, la «!cible!»,
mais déterminent également sa position dans l'espace, sa
taille, sa forme ainsi que sa vitesse et sa direction. Mis au point à
l'origine comme instrument de guerre, le radar est aujourd'hui également
utilisé dans d'autres domaines, comme la navigation, le contrôle
du trafic aérien, la météorologie et la radioastronomie.
En résumé, il s'agit donc d'un appareil de détection
et de positionnement à distance, fondés sur l'émission
d'un signal hertzien et le traitement de son écho.
Un radar mobile, porté par
un navire ou un avion, peut ainsi détecter et positionner des obstacles
fixes ; les radars fixes détectent et positionnent, dans le domaine
militaire, les cibles mobiles, et, dans le domaine civil, les navires ou
les avions en transit ou en approche.
Les deux caractéristiques essentielles des radars, qui les distinguent
des autres moyens de détection et de localisation électromagnétiques:
- la concentration, en un seul appareil, d'un dispositif de positionnement
complet;
- la capacité d'opérer sur des obstacles, des cibles
et des mobiles totalement passifs. |
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Mise au point
Les radars émettent des ondes radioélectriques, dont
la longueur d'onde varie de quelques centimètres à environ
1 m. Les objets passant dans le faisceau réfléchissent ces
ondes et les renvoient à l'émetteur. Les concepts de base
du radar sont fondés sur les équations régissant les
ondes électromagnétiques, formulées par le physicien
britannique James Clerk Maxwell en 1864. Ces principes furent vérifiés
en 1886 par les expériences du physicien allemand Heinrich Hertz.
L'ingénieur allemand Christian Hülsmeyer fut le premier, en
1904, à suggérer l'utilisation d'échos radio dans
un appareil de détection afin d'éviter les collisions en
navigation. Un dispositif similaire fut proposé en 1922 par l'inventeur
italien Guglielmo Marconi. Par la suite, le radar fut développé
progressivement, grâce à l'action de nombreux savants, ingénieurs
et techniciens.
On peut distinguer trois étapes dans l'histoire de ses débuts.
Au cours des années 1920, diverses expérimentations de détection
à l'aide d'ondes radio furent réalisées avec succès
(Appleton en Angleterre en 1924, Breit et Tuve, Hyland, Taylor et Young
aux États-Unis, Mesny et David en France). Au milieu des années
1930, elles débouchèrent sur des applications concrètes
grâce aux progrès de l'électronique. On installa ainsi
en France, sur la ligne Maginot, des radars à ondes continues, d'une
portée d'une dizaine de kilomètres. De même, on équipa
le paquebot Normandie d'un appareil de détection électromagnétique
à ondes décimétriques, capable de détecter
les icebergs dans le brouillard.
À partir de 1935, les recherches s'orientèrent vers la
réalisation de radars à impulsions, à la suite de
deux mémorandums du Britannique R. Watson-Watt. En 1938, deux chercheurs
français, Ponte et Gutton, mirent au point l'un des dispositifs
les plus importants en ce domaine : le tube à faisceau électronique,
appelé magnétron à cavité résonante,
qui émet des impulsions haute fréquence (radar à ondes
centimétriques). Diverses entreprises françaises construisirent
alors des radars pour la Défense nationale. Les Allemands installèrent
leurs propres systèmes!; mais, fondant sa stratégie sur l'offensive,
le IIIe Reich accorda moins d'importance au radar et développa plutôt
la radionavigation. Parallèlement, une ligne de stations radars
fut installée le long des côtes sud et est de l'Angleterre
afin de détecter les agresseurs aériens ou maritimes. Ce
système joua un rôle essentiel dans la bataille d'Angleterre
(août-octobre 1940), au cours de laquelle la Luftwaffe (armée
de l'air de l'Allemagne nazie) ne parvint pas à affirmer sa suprématie
dans le ciel britannique. À partir de 1940, la collaboration des
Britanniques avec les Américains donna aux Alliés une avance
décisive dans cette technologie, supériorité technique
qui se maintint jusqu'à la fin de la guerre. Leurs laboratoires
spécialisés employèrent des milliers de savants, et
leurs usines des dizaines de milliers de techniciens, construisant plusieurs
centaines de types de radars pour tous les usages militaires.
Fonctionnement
| L'émetteur diffuse, au moyen
d'une antenne, un faisceau d'ondes électromagnétiques concentrées
dans la direction souhaitée. Lorsque ces ondes rencontrent un objet,
elles s'y réfléchissent, formant un «!écho radar!».
L'antenne capte le signal d'écho, qui est ensuite amplifié
et transformé en signal visuel sur l'écran ou «!indicateur!»,
qui est parfois un moniteur d'ordinateur.
Les émetteurs
Pour fonctionner correctement, l'émetteur radar doit émettre
une grande quantité d'énergie puis recevoir, détecter
et mesurer une fraction infime de celle-ci (environ un milliardième
de milliardième), retournée sous forme d'écho. Comment
détecter ce minuscule écho en présence du signal de
recherche, extrêmement puissant!? La solution, apparue vers 1938,
est celle du radar à impulsions (par opposition au radar à
ondes continues) : une impulsion est émise pendant 0,1 à
5 microsecondes, puis l'émetteur reste silencieux pendant quelques
centaines de microsecondes. |
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En phase de diffusion d'impulsions, le récepteur est isolé
de l'antenne au moyen d'un tube
commutateur TR (transmission-réception)!; entre les impulsions,
l'émetteur est déconnecté de l'antenne au moyen d'un
tube commutateur ATR (anti-TR).
Un radar à ondes entretenues diffuse, non pas des impulsions,
mais un signal continu. Le radar Doppler, souvent utilisé pour mesurer
la vitesse d'un objet (par exemple une voiture ou une balle) transmet des
signaux à une fréquence constante. Les signaux qui se réfléchissent
sur les objets se déplaçant par rapport à l'antenne
seront de fréquences différentes en raison de l'effet Doppler.
Le nom complet de l'effet Doppler est «!effet Doppler-Fizeau!»,
du nom du physicien Hippolyte Fizeau (1819-1896), qui étendit aux
ondes électromagnétiques l'effet découvert par Doppler
dans la propagation des ondes sonores : élévation de fréquence
quand l'émetteur se rapproche, glissement vers les basses fréquences
quand il s'éloigne (pour en faire l'expérience, il suffit
de se placer au bord d'une route et d'écouter le bruit d'une automobile
qui passe).
Si un récepteur radar est réglé pour ne pas tenir
compte des échos ayant la même fréquence que l'émetteur
et pour amplifier sélectivement les échos dont les fréquences
varient, il n'indiquera que les cibles mobiles. Par exemple, il détectera
un avion volant près du sol, qu'il faut distinguer des objets fixes
(relief, bâtiments). C'est avec de tels «!radars à élimination
d'échos fixes!» que la police mesure la vitesse des automobiles.
Le radar à modulation de fréquence (FM) émet un
signal continu de fréquence changeant constamment. Pendant le temps
pris pour émettre, réfléchir et recevoir un signal,
la fréquence d'émission change. La différence entre
la fréquence de l'écho et celle de l'émetteur, à
l'instant de la réception de l'écho, est ensuite mesurée,
puis convertie en distance entre l'émetteur et l'objet. Ces systèmes
sont plus précis que les radars à impulsions, bien que leur
portée soit plus courte.
Les antennes
Les antennes radar doivent avoir
une directivité élevée pour envoyer un faisceau étroit.
Étant donné que la largeur du faisceau est proportionnelle
à la longueur d'onde du rayonnement, et inversement proportionnelle
à
la largeur de l'antenne, on mit au point, à la fin des années
1930, le radar fonctionnant sur ondes centimétriques.
Les autres avantages du radar à ondes centimétriques
sont, d'une part, sa faible sensibilité aux mesures défensives
de l'ennemi (brouillage), et d'autre part, une résolution plus haute
de l'image des cibles. En faisant tourner l'antenne, et donc le faisceau
radar, on balaye l'espace. La forme la plus simple de balayage est obtenue
par la rotation lente et continue de l'antenne. Les radars au sol, utilisés
pour détecter les avions, comportent souvent deux radars, l'un balayant
horizontalement pour détecter l'avion et déterminer son azimut
(distance angulaire horizontale), l'autre balayant verticalement, dès
qu'un avion a été signalé, pour en déterminer
l'altitude. |
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Aujourd'hui, les antennes radar sont souvent disposées en réseaux,
avec pointage et coordination par ordinateur.
Récepteurs
Un récepteur doit amplifier et mesurer un signal extrêmement
faible à une fréquence extrêmement haute. Les amplificateurs
mobiles ne pouvant remplir directement cette fonction, le signal est converti
et amplifié par un circuit superhétérodyne à
une fréquence intermédiaire d'environ 30 MHz. La fréquence
très élevée du signal radar nécessite l'utilisation
d'un oscillateur et d'un mélangeur de signaux avec une précision
beaucoup plus élevée que pour les récepteurs radio
ordinaires. Des circuits appropriés ont été mis au
point, utilisant comme oscillateurs des tubes haute puissance à
hyperfréquences : les klystrons. La fréquence intermédiaire
est amplifiée de manière classique. Le signal est ensuite
envoyé dans un ordinateur.
Traitement informatique
La plupart des radars modernes convertissent les signaux analogiques
reçus en une séquence de signaux binaires au moyen d'un convertisseur
analogique-numérique. Les nombres sont traités par ordinateur
pour extraire les informations concernant la cible. Au préalable,
les signaux issus d'objets qui n'intéressent pas l'utilisateur sont
éliminés par un filtre VCM (Visualisation des Cibles Mobiles).
Le signal est ensuite réduit en éléments de fréquence
distincts au moyen d'un transformateur de fréquence. Enfin, lorsque
les signaux issus de plusieurs impulsions sont combinés, la détection
de la cible est déterminée par le processeur de taux constant
d'alertes erronées.
Les systèmes radar dont la fonction principale est de détecter
des cibles doivent en indiquer la présence ou l'absence. En cas
de présence d'une cible, le radar va soit la détecter correctement,
soit la manquer. S'il n'y a pas de cible, le radar peut indiquer qu'aucune
cible n'est présente, ou désactiver une fausse alerte. Le
processeur de taux constant d'alertes erronées doit optimiser la
part des détections effectives par rapport aux fausses alertes.
Les écrans radar
Les écrans radar modernes ressemblent à des terminaux
de jeux vidéo complexes. La détection, la vitesse et la position
de la cible peuvent être superposées sur des cartes indiquant
des routes ou d'autres points de repère marquants. Certains radars,
embarqués sur des avions ou des satellites, traitent les échos
de sol et affichent une image haute résolution de la surface terrestre.
Les objets de la taille d'un camion sont souvent détectables à
grande distance, même la nuit, par temps pluvieux. La plupart des
progrès récents dans le domaine des écrans et des
traitements de signaux radar résultent des progrès réalisés
en informatique et en électronique.
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Radar Canada
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