Le
temps des confettis ?
Et
oui, ça y est, le printemps approche ! Oui, je sais, on ne le dirait
pas.
Pourtant
un signe infaillible trahit la fin heureuse de l'hiver : les carnavals
!
En
ce mois de février, festivités chaleureuses et chatoyantes,
ils annoncent doucement l'adieu de l'hiver.
Jetons
un oeil sur les origines de ses joyeuses traditions...
Le Carnaval
existe depuis plus de 2000 ans et a évolué au fil du temps.
Déjà sous l'antiquité on inversait les rangs sociaux
: les maîtres devenaient esclaves et les esclaves devenaient maîtres,
pendant 5 jours. Au Moyen-Age on dansait dans l'église, on chantait
la messe à l'envers, les riches se déguisaient en pauvres
et les pauvres se déguisaient en riches, les adultes se déguisaient
en enfants et les enfants se déguisaient en adultes.
Mais à quoi correspond cette tradition spécifique à
chaque civilisation, de l'Italie au Brésil, qui, à travers
les âges, conserve cette notion de bouleversement des rôles
et des statuts sociaux.
Fêtes
religieuses ou païennes ?
Selon le calendrier religieux, la période appelée "Carnaval"
débute le 6 janvier, jour de l'épiphanie (date marquant le
fin des fêtes de Noël), pour s'achever le Mercredi des Cendres.
Le mot "carnaval" venant du mot italien (genois) "carneleva" signifiant
"enlève chair" a conservé son étymologie latine "carnis
levare", c'est à dire "enlever, ôter la viande, la chair"
: la période suivant le Mardi Gras est en effet une période
de jeûne, le Carême (du latin "quadragesimadies" : le quarantième
jour), pendant laquelle il ne faut consommer ni graisse ni viande le mercredi
des Cendres est le premier jour du Carême et en souvenir d'Adam condamné
"à retourner poussière" après son péché,
les Chrétiens sont appelés à se purifier de leurs
fautes en se passant par des privations, dès ce premier jour du
Carême, et ce jusqu'au vendredi saint (jour de la mort du Christ),
c'est-à-dire durant les 40 jours précédant la fête
de pâques, qui célébrera la résurrection du
Christ (dimanche de Pâques).
Avant que cette longue période de privations ne commence, la
veille du mercredi des Cendres, le mardi, on tuait le "Boeuf gras", dernière
viande permise avant le jeûne prolongé du Carême, ceci
expliquant la genèse du Mardi Gras.
Au coeur
de nos traditions.
Aujourd'hui, c'est surtout le Mardi Gras que l'on fête dans le
monde le Carnaval. Il n'a pas lieu tous les ans à la même
date, car il est fixé par rapport à la date de Pâques,
qui varie en fonction du cycle lunaire. Ce dernier mardi avant le début
du Carême est un jour de fête très célèbre
dans certains pays : les Carnavals les plus renommés ont lieu à
Venise en Italie, à Rio au Brésil, à Nice en France,
à Binche en Belgique.
Le carnaval de Nice a vu le jour en 1294. c'est la période
de festivités précédant le carême et se déroulant
chaque année à Nice. Signalé dès le XIIIe siècle,
le carnaval de Nice se caractérisait par une série de réjouissances
(bals, mascarades, feux de joie, danses, exhibitions de jongleurs et de
mimes, etc.) qui n'avaient pas toujours l'approbation de l'Église.
À partir de 1539, la ville désigna des «!abbés
des fous!» pour organiser le carnaval, où chacun devait se
rendre masqué et déguisé. Au XIXe siècle, l'usage
de projectiles divers (fleurs et friandises, mais aussi farine et pois
chiches) s'ajouta à la tradition et aboutit au rituel des confettis.
Le carnaval s'inaugure avec un long défilé de chars sur la
promenade des Anglais, une grande parade avec une vingtaine de chars avec
300 grosses têtes en carton pâte, une bataille de fleurs.
L'origine de la bataille de fleurs était en l'honneur du roi
Charles Félix en visite à Nice. Cela consiste à lancer
aux spectateurs des poignées de fleurs comme des roses, glaïeuls,
oeillets, mimosas etc.. sur un char de 6 m de hauteur et de 7 m de longueur.
Le dernier jour, le carnaval est clôturé par un défilé
d'incinération et un feu d'artifices (gratuit).
Cette nouvelle coutume a contribué à la magnificence
croissante de cette fête, creuset de l'identité culturelle
niçoise par la richesse de son imagerie populaire et lieu d'échanges
et de rencontres avec de multiples cultures.
Réf. : "Nice, carnaval de", Encyclopédie Microsoft®
Encarta® 99. © 1993-1998 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.
Carnaval de Venise, période de festivités se déroulant
chaque année à Venise, en Italie. Le carnaval de Venise trouve
son origine dans la victoire, en 1662, du doge de Venise sur le patriarche
d'Aquilée. Il était célébré le jeudi
gras par des chasses au taureau et à l'ours, des feux d'artifice,
des jeux et de multiples spectacles auxquels participait toute la société.
Peu à peu, la richesse des spectacles et la beauté des masques
prirent le pas sur la valeur symbolique de l'événement.
Le carnaval de Venise battait son plein au XVIIIe siècle.
Le masque consistait en un petit morceau de soie, la « bauta
» qui encadrait le visage et descendait jusqu’aux épaules,
qu’il couvrait de fines dentelles. Il était assorti d’un tricorne
et d’un singulier masque blanc destiné à garantir l'anonymat
de ceux qui le portaient ; l'avancée au-dessus de la mâchoire
supérieure servait notamment à casser un peu la voix. Les
hommes ainsi masqués pouvaient donc se rendre dans des lieux interdits
sans être reconnus. Les Vénitiens appelaient ce masque «
larva » ou « volto », et en latin, larva signifie fantôme.
Les masques de Venise ont une réputation internationale. Beaucoup
copiés à l'étranger, même si tous les masques
"de base" se ressemblent, ils ne prennent tout leur sens qu'à Venise
! L'usage des masques vénitiens pour le carnaval est si important
qu'au XVè siècle déjà, les fabricants avaient
un statut d'artisan. Reconnu comme un art à part entière,
chaque concepteur de masque a son petit secret de fabrication.
Autrefois le carnaval pouvait durer jusqu'à six mois! La République
(de Venise) déclarait alors que tout était permis. Les vénitiens,
vêtus de longues capes (tabarro) et du fameux masque traditionnel
(la bauta), se laissaient aller à toutes les fantaisies. L'un devenant
ainsi l'égal de l'autre, chacun faisait ce qu'il voulait en tout
anonymat (impunité?)! Un bon prétexte donc, aux joutes amoureuses,
entres autres...
Comme autrefois, les cérémonies du carnaval d'aujourd'hui
suivent des règles précises. Puis, progressivement, l'ambiance
glisse vers des fêtes moins "encadrées", dérivant facilement
dans un délire plein d'exubérance.
Mais quelle fête! Venise se transforme en une scène de
théâtre baroque géante où tout le monde joue
un rôle. Le carnaval dure une semaine à la mi-Février.
Le carnaval de Rio, période de festivités précédant
le carême et se déroulant chaque année à Rio
de Janeiro, au Brésil. D'origine portugaise et héritée
de l'entrudo, célébration qui s'ouvrait le samedi gras pour
se terminer le mercredi des Cendres, le carnaval de Rio naquit au XIXe
siècle!; il fallut cependant attendre l'abolition de l'esclavage
en 1888, et surtout les années 1930, pour qu'il devienne un divertissement
populaire. Il est aujourd'hui un véritable symbole de l'identité
brésilienne. Très formaliste — surveillance policière,
écoles de samba spécialisées, etc. —, la fête
actuelle se distingue par la somptuosité des déguisements
multicolores et par une musique spécifique, censée faire
danser tous ceux qui l'entendent. Le plaisir des sens est célébré
intensément et le culte du corps occupe une place centrale dans
la cérémonie.
C'est la fête !
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Le carnaval de Rio est un héritage colonial importé par
les Portuguais. Pendant les festivités, les populations des favelas,
les bidonvilles, et les habitants du centre ville se retrouvent dans les
rues.
Durant 4 jours et 3 nuits, les écoles de samba défilent
dans les rues et au sein du sambadrome, toutes vêtues de costumes
multicolores uniques qu'elles ont confectionnés pendant l'année.
Strass, plumes et paillettes sont de rigueur, il faut en mettre plein la
vue !
Au final, l'une d'elles sera élue comme "reine du carnaval".
La musique envahit la ville et plus personne ne dort, les habitants
vivent au rythme des batucadas, ces fanfares composées principalement
d'instruments à vent et de tambours. |
Réf.: "Rio, carnaval de", Encyclopédie Microsoft® Encarta®
99. © 1993-1998 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.
Le carnaval de Binche commence au mois de janvier de chaque année
, dont les principales manifestations se déroulent du dimanche au
mardi gras, jour des Gilles. L'origine et le costume de ces derniers sont
très anciens puisque le carnaval de Binche existe au moins depuis
le Moyen Âge.
Patrimoine oral et immatériel de l'humanité (UNESCO)
Depuis le 7 novembre 2003, le carnaval de Binche est l'unique manifestation
belge à faire partie de la liste des 47 chefs-d'œuvre du "Patrimoine
oral et immatériel de l'humanité" , label décerné
par l'UNESCO.
Les trois jours dit "Gras"
Durant trois jours, les Binchois ne fermeront pas l'œil et pour cause...
Le dimanche gras est le jour des Binchous. Plus intime que le mardi
gras, les différentes sociétés, futurs Gilles du mardi
revêtent leurs costumes fantaisie conçus et réalisés
dans le plus grand secret. Pour ceux qui ne connaissent que le mardi gras,
il est difficile de s'imaginer que ce sont les mêmes Gilles qui dansent,
portant des costumes aussi baroques, mais la musique et les pas ne trompent
pas.
Dès l'aube, jusqu'au petit matin, les tambours résonneront
aux quatre coins de la cité.
Le lundi gras est la journée de la jeunesse. Seuls les
enfants sont costumés.
Dès le matin, ils défilent dans les rues au son des violes
et des orgues de barbarie. L'après-midi, les enfants se constituent
en sociétés sur la grand-place pour le rondeau de l'amitié.
Un feu d'artifice clôture la journée.
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Enfin, le mardi gras : l'apothéose
carnavalesque.
C'est le seul jour où sortent les Gilles ! Dès quatre
heures du matin, les premiers sons de tambours résonnent dans la
ville, c'est l'occasion d'entendre parfois une "Aubade matinale" joué
par un pipeau. Le Gille et ses amis se rendent les uns chez les autres
pour se rassembler. Dans chaque demeure, il est de coutume de boire une
coupe de champagne et de déguster les huîtres.
Les Gilles portant leur traditionnel masque de cire déambulent
dans la cité au rythme des tambours. A partir de 11 h, les différentes
sociétés accomplissent le rondeau matinal devant l'hôtel
de ville. Vers 15 h, les Gilles effectuent une nouvelle sortie et arborent
alors leur magnifique chapeau en plumes d'autruche. |
Les Gilles lancent par milliers leurs oranges (offrande qu'il ne faut pas
relancer), c'est le point d'orgue du carnaval. Surtout, ne relancez jamais
une orange sous peine de déclencher la colère grondante du
cortège.
A 19h30, le même cortège se reforme, les Gilles abandonnent
leur chapeau et leurs oranges. A la lumière des feux de Bengale,
les Gilles mais aussi les Paysans, Pierrots et Arlequins, autres personnages
clés de cette journée, dansent ensemble.
La ville est noire de monde, la foule en liesse et les cafés
débordent de convives. Un feu d'artifice clôture la soirée
et les Gilles entament alors leur rondeau final en brandissant à
l'envers leur panier d'osier vide avant de s'en retourner chacun chez soi
au son des batteries
Réf.: "Binche", Encyclopédie Microsoft® Encarta®
99. © 1993-1998 Microsoft Corporation. Tous droits réservés
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