La culture
Biologique et les OGM

 

I. Introduction

L'agriculture biologique est un système de production qui évite, ou exclut totalement, l’utilisation d’engrais de synthèse, de pesticides, de régulateurs de croissance et d’additifs aux aliments du bétail. Cette agriculture utilise, dans la mesure du possible, la rotation, les résidus de récoltes, le fumier, les déchets biologiques et les engrais verts pour entretenir la fertilité du sol. Elle recommande également une approche biologique de la lutte contre les insectes nuisibles et autres déprédateurs ainsi que du désherbage.

II. L'Apparition - Les Buts et les Principes de la Culture Biologique.

La culture biologique est apparue à cause de la surproduction, causée par les progrès technologiques et la politique de marché erronée pratiquée par les autorités. Cette surproduction est la cause de problèmes, comme la vache folle (ESB), dus à l'envie de produire plus, aux moindres frais, et sans se soucier de l'environnement. De plus, la demande baisse, notamment à cause de la crainte de ces maladies. Pour regagner la confiance des consommateurs, s'éloigner des scandales, afin de faire remonter la consommation, certains producteurs ont choisi de revenir à des méthodes d'élevages naturelles, en rapport avec la nature, et abandonner les méthodes de production «à la chaine» du bétail.

L'agriculture biologique est un terme qui est apparu dans le langage populaire au début des années 60, pour désigner des méthodes de productions agricoles n'utilisant pas d'engrais chimiques, ni de pesticides de synthèse. 
Les anecdotes les plus courantes sur son avènement concernent les éleveurs qui observaient les dégradations brutales de la santé de leurs troupeaux. Très vite ils constatèrent le lien entre certaines pratiques agricoles, certains produits de traitement et les phénomènes de maladies ou de mortalité de leurs animaux. Comme pour les " bébés bleus '' de Chicago en 1930, il suffisait alors de modifier l'alimentation ou l'eau de boisson de leurs troupeaux pour que tout rentre dans l'ordre après quelques pertes désagréables.

Les produits « bio » répondent aujourd’hui à une demande croissante des consommateurs et à une nécessité de sauvegarde d’une agriculture de qualité. 
L’agriculture biologique est née d’une volonté citoyenne de prendre soin de l’environnement, des sols, des terroirs, des paysages. Elle est basée sur l’observation et le respect des lois de la nature ; son principe fondamental consiste à prendre soin du sol et de l’ensemble des êtres vivants qui l’habitent, considérant que ceux-ci élaborent et fournissent naturellement aux plantes cultivées les éléments qui sont nécessaires à chaque phase de leur développement. 
L’interdiction d’utiliser des engrais de synthèse et des produits de phytopharmaceutique chimique, ainsi que l’interdiction totale des OGM, découlent naturellement de ces principes de base, car les uns comme les autres génèrent immanquablement un appauvrissement des sols et de la biodiversité. 

En cultivant de manière biologique, on cherche à conserver la fertilité du sol, à éviter de l'utiliser de manière excessive. On cherche également à produire des aliments d'une grande richesse nutritive et dépourvus de tout résidu pouvant nuire à la santé humaine ou animale. Il est évident que les producteurs «bio» respectent l'environnement, et évitent de polluer de quelque manière que ce soit. Élever les animaux en connaissant et en respectant leurs besoins profonds fait partie de l'éthique des paysans BIO, le nombre de têtes de bétail d'une exploitation est donc proportionnel à sa surface cultivée.

L’agriculture biologique se développe beaucoup dans les pays industrialisés et séduit les consommateurs. Elle offre également de nouveaux débouchés aux agriculteurs durement touchés par l’évolution de leur profession. Dans les pays sous-développés et en voie de développement, elle est pratiquée de manière naturelle compte tenu de son faible coût économique et de la pénurie de produits chimiques que sont les engrais ou les pesticides. 

Source:
 "Biologique, agriculture", Encyclopédie Microsoft® Encarta® 99. © 1993-1998 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.

III. Les OGM

Qu'est-ce qu'un organisme génétiquement modifié (OGM) ?

Tout organisme vivant est sujet à des modifications naturelles de son patrimoine génétique, c’est le principe même de l’évolution des espèces.
On considère qu’environ le tiers des espèces végétales a évolué à partir d'hybrides naturels qui ne sont pas forcément stériles – contrairement aux hybrides animaux comme le mulet, produit du croisement de la jument et de l'âne. 

Un organisme génétiquement modifié (OGM) est un organisme (animal, végétal, bactérie) dont on a modifié le matériel génétique (ensemble de gènes) par une technique nouvelle dite de « génie génétique » pour lui conférer une caractéristique ou une propriété nouvelle. Ce processus s’inspire des techniques de sélection ou de mutation, qui existent déjà dans le monde agricole. Les trente dernières années ont vu se développer des techniques modernes de « génie génétique », consistant à introduire un ou plusieurs gènes dans le patrimoine génétique d’un organisme et de construire des organismes dits « génétiquement modifiés » (organismes génétiquement modifiés –OGM- et micro-organismes génétiquement modifiés –MGM). Ces techniques permettent de transférer des gènes sélectionnés d'un organisme à un autre, y compris entre des espèces différentes. Elles offrent ainsi potentiellement la possibilité d’introduire dans un organisme un caractère nouveau dès lors que le ou les gène(s) correspondants sont identifiés au préalable.

La transformation génétique peut être effectuée sur de nombreuses espèces végétales, depuis les céréales jusqu'aux légumes ou aux arbres. En tout, ce sont plus de 60 espèces qui peuvent être transformées. Les OGM les plus avancés correspondent surtout à des espèces de grande culture comme le maïs, la betterave et le colza. Les gènes introduits sont très divers mais actuellement ce sont principalement des caractères d'intérêt agronomique qui sont le plus développés. 

Quels sont les risques que présentent les OGM pour l'environnement ou la santé ?

Parmi les risques que sont susceptibles de présenter les OGM, figurent notamment des risques pour la santé humaine par toxicité ou allergénicité et des risques pour l'environnement comme la déstabilisation de certains écosystèmes.
Aussi, pour chaque OGM nouveau, convient-il de vérifier qu'il ne présente ni risque pour la santé, ni impact négatif sur l'environnement. En particulier, il faut être certain que la dissémination dans l'environnement des nouveaux gènes introduits n'est pas susceptible de provoquer de nuisance. A titre d'exemple, pour les OGM tolérants à un herbicide, il faut s'assurer que le gène de tolérance à l'herbicide ne se dissémine pas en rendant inefficace le désherbant. Quant à l'intervention sur le génome humain, elle reste interdite.
Des programmes permettant de mieux appréhender les risques potentiels liés aux cultures GM sont développés.

Y a t-il déjà des OGM dans nos assiettes ?

A la demande de la France et d’autres Etats membres, l'Union européenne a imposé que tous les produits alimentaires contenant plus de 0,9% d'OGM ou de produits dérivés d’OGM soient étiquetés afin que les consommateurs puissent être correctement informés et faire leur propre choix. Tout consommateur est donc informé de la présence d'OGM dans ses aliments. Soucieux de la sensibilité de l'opinion publique, les industriels et les producteurs évitent le recours à des OGM (approvisionnement auprès de filières garantissant la non-utilisation d’OGM, modification des recettes afin de ne pas utiliser d’ingrédients susceptibles d’être dérivés d’OGM, etc.). 
Ainsi les produits OGM sont extrêmement rares en France dans les linéaires mais font toujours l'objet d'une information complète du consommateur. 

Les OGM peuvent-ils créer des allergies ou des maladies chez l'homme ?

Les allergies alimentaires, pathologies en augmentation, sont fréquentes dans tous les pays développés, avec une moyenne générale de 3% à 4% pour la population générale et de 8% chez les enfants de moins de 6 ans. La majorité des allergies identifiées est provoquée par des aliments appartenant à 8 groupes : cacahuète, soja, fruits à coques, lait, œufs, poisson, crustacés et blé. La liste d’allergènes n’est toutefois pas limitée. Même si les allergènes les plus courants sont bien connus et répertoriés.

Les études réalisées ne permettent pas de conclure si les aliments issus d'organismes génétiquement modifiés (OGM) sont plus ou moins allergisants que les aliments traditionnels correspondants. Prédire qu’une nouvelle molécule sera allergénique est difficile. On peut cependant étudier les propriétés physico-chimiques de cette molécule (stabilité à la température, aux pH acides, aux traitements technologiques, …) ainsi que son éventuelle ressemblance (homologie de séquences, structure spatiale) avec des banques d’allergènes connus, et rechercher si l’organisme source est d’ores et déjà à l’origine de la production d’allergènes répertoriés. Par ailleurs, si les tests préalables d’innocuité peuvent laisser un doute sur un risque d’allergie, le produit OGM n’est pas commercialisé, ce qui n’est pas le cas avec de nombreux produits « naturels ».

Dans tous les cas, lorsque l’allergie alimentaire a été reconnue et démontrée, la seule méthode fiable pour prévenir les réactions allergiques est d'éviter l'aliment en cause. C’est pourquoi lorsqu’une molécule est identifiée comme suscitant des allergies chez une personne, cette dernière doit pouvoir l’identifier afin d’éviter les aliments qui la contiennent. En conséquence, la traçabilité et l’étiquetage sont deux mesures particulièrement importantes pour contribuer à prévenir les risques potentiels.

Quelle est la position de l'Union européenne en la matière?

«  Un organisme génétiquement modifié est un organisme (à l'exception des êtres humains) dont le matériel génétique a été modifié d'une manière qui ne peut s'effectuer naturellement par multiplication et/ou par recombinaison. »

La directive 2001/18/CE indique que les techniques de modification génétique visées dans cette définition sont, entre autres :
« 1) les techniques de recombinaison de l'acide désoxyribonucléique impliquant la formation de nouvelles combinaisons de matériel génétique par l'insertion de molécules d'acide nucléique, produit de n'importe quelle façon hors d'un organisme, à l'intérieur de tout virus, plasmide bactérien ou autre système vecteur et leur incorporation dans un organisme hôte à l'intérieur duquel elles n'apparaissent pas de façon naturelle, mais où elles peuvent se multiplier de façon continue;
2) les techniques impliquant l'incorporation directe dans un organisme de matériel héréditaire préparé à l'extérieur de l'organisme, y compris la micro-injection, la macro-injection et le microencapsulation;
3) les techniques de fusion cellulaire (y compris la fusion de protoplastes) ou d'hybridation dans lesquelles des cellules vivantes présentant de nouvelles combinaisons de matériel génétique héréditaire sont constituées par la fusion de deux cellules ou davantage au moyen de méthodes qui ne sont pas mises en œuvre de façon naturelle. »

En revanche, cette même directive précise que :
 · ne sont pas des OGM : les organismes produits par mutagenèse, ou par la fusion cellulaire (y compris la fusion de protoplasmes) de cellules végétales d'organismes qui peuvent échanger du matériel génétique par des méthodes de sélection traditionnelles. 
 · ne sont pas considérés comme entraînant une modification génétique (sauf emploi d'acide nucléique recombinant ou d'OGM déjà obtenu) : la fécondation in vitro, les processus naturels tels que la conjugaison, la transduction, la transformation, ou l'induction polyploïde.  

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